Punch hard grunge
Bien sûr c’est bon de jouer son dandy, de faire son Wagner et de déclarer, comme celui-ci déclara dans une lettre adressée à un ami : "Je suis autrement organisé que les autres hommes. J’ai les nerfs plus sensibles. Il me faut la beauté, l’éclat, la lumière. Le monde me doit ce dont j’ai besoin. (…) Est-ce donc une exigence inouïe que de demander que vienne à moi le peu de luxe dont j’ai envie ? Moi qui prépare de la jouissance à des milliers et des milliers d’êtres." Oui, c’est bon de dire ça. Et parfois il le faut. Moi-même je le fais, parfois, à ma façon. Mais de temps en temps c’est bon aussi de revenir sur terre et de s’enduire de cambouis en s’administrant le plaisir basique d’un guitare-basse-batterie. Un truc qui tient au corps.Talia ne fait pas dans le détail, il lorgne vers le grunge et le hard, réconcilie Axel et Kurt, 80’s et 90’s. Et qu’importe la musique de 2008. Qu’elle aille au diable la musique de 2008. Parce que franchement ça commence à devenir insupportable ces prédictions débiles sur l’avenir de la musique, ce qu’elle doit être et ne pas être. Je ne sais pas vous mais moi ce que je demande de la musique c’est qu’elle me fasse du bien quelque soit son genre. Talia m’en donne au rayon rock binaire alors je ne me fais pas prier, je me sers. Hé oui je suis un consommateur. Je suis aussi Monsieur-tout-le-monde. J’aime pousser mon caddie en écoutant The Teenager. Le 12 avril dernier je suis donc allé interviewer Nicolas (chant, guitare), Leslie (basse) et Robin (batterie) pour discuter des mélodies cogneuses et divinement régressives de Cockroach Killer, qu’ils défendront sur scène le 15 mai à la Boule Noire.
"On désirait une pochette dans l’esprit de celle d’Appetite For Destruction"
"Vouloir une nana à la basse, ça doit être mon trip Téléphone"
Salut. Alors il vient de loin cet album ?
Nicolas : Oui, un peu. On l'a fini en décembre 2006. Il a donc un an et demi.
Pourquoi un tel délai entre sa finition et sa mise sur le marché ?
Nicolas : En fait j'avais un contact avec deux labels, mais entre temps ils ont coulé. En gros on s'est donc
retrouvé comme des cons avec notre CD sur les bras. C'est là que j'ai rencontré Jean-Philippe Béraud de chez Martingale et c'est lui qui
a fait tout le boulot de démarchage. Moi je suis nul là-dedans. D'ailleurs ce n'est pas toi qui as dit qu'on n'était pas les rois du marketing ? Bah tu as raison.
J'avais surtout épinglé le mauvais goût de votre pochette...
Nicolas : A ce propos le mec qui l'a dessinée est mort ! La semaine dernière. C'était un copain à moi (tout le monde rit jaune, ne sachant pas si c'est du lard ou du cochon, Nda). C'est vrai. Ils
l'ont retrouvé chez lui. Il a dû avoir un accident cérébral. C'est dommage, j'adorais ce mec, je trouvais ce qu'il faisait vachement bien.
C'est l'envers du chic la pochette qu'il vous a faite...
Nicolas : C'est ça que j'aime bien. En fait Spider et moi on était fans de Robert Williams, le dessinateur américain qui avait fait la première pochette d'Appetite For Destruction des Guns And Roses, celle censurée où on voit une petite fille en train
de se faire violer par un robot. On voulait un truc dans cet esprit-là.
Robin : Cette pochette est source de controverse. Leslie et moi on ne l'aime pas ! Le truc c'est que plein de gens nous disent que ça ne reflète pas vraiment notre style musical.
Nicolas : Faire une pochette d'album c'est toujours compliqué. Avant on avait fait un truc plus beau et ça n'avait aucun intérêt, ça ne suscitait aucune réaction si n'est une espèce de consens
mou, comme les pochettes de Soul Asylum qui représentent de belles peintures de nanas
tenant deux mômes par la main. Là, ce qu'on a fait je préfère parce qu'il y en a qui peuvent me dire qu'ils trouvent que c'est de la merde. Le problème c'est que cette nana je voulais la décliner
sur tous nos visuels comme Eddie, la mascotte zombie d'Iron Maiden. Mais évidemment, on ne pourra pas. Parce qu'en plus mon pote ne
m'a pas appris à la dessiner. Et ça me ferait bizarre de la faire dessiner par quelqu'un d'autre. Donc du coup elle va disparaître.
Talia a connu deux moutures. A quoi ressemblait la première ?
Nicolas : C'était moi avec deux autres mecs. Ça a duré de 2002 à 2006.
Pourquoi sont-ils partis ?
Nicolas : Ça s'est essoufflé. L'un a eu des mômes, l'autre s'est plus investi dans son taf. Enfin je n'aime pas trop en parler parce qu'ils ne sont pas là et que maintenant je suis avec Leslie et
Robin.
Deux tiers du groupe ont changé. Pourquoi avoir gardé le même nom du groupe ?
Nicolas : Parce que je le trouvais bien et qu'eux avaient la flemme d'en chercher un autre. Et
puis le disque contient pour moitié des chansons qui datent de la première période de Talia. On les a juste refaites, donc elles sonnent différemment.
A quoi ressemblait le son de Talia avant ?
Nicolas : Le côté métal qu'on a encore un peu était plus prononcé, avec la grosse caisse en avant et des tempos plus lents. Le bassiste et le batteur étaient comme moi fans des Guns et de
Nirvana.
Du coup, tous les trois comment vous êtes-vous rencontrés ?
Robin : J'ai rencontré Nico en 2002 à la Fête de l'Huma. A l'époque je jouais avec des potes dans un groupe de métal. On a bien accroché. En plus on fréquentait le même bar. Donc le jour où Nico
m'a appris que ses zicos le lâchaient, comme moi j'en avais aussi plein le cul de mon groupe, on s'est mis à jouer ensemble.
Nicolas : Et 6 mois après on recrutait Leslie après avoir auditionner 15 bassistes.
Robin : C'était celle qui avait le moins d'expérience, mais elle a pigé les morceaux tout de suite.
Ça vous plaît d'avoir une nana dans le groupe ?
Nicolas : C'est ce qu'on voulait. Enfin, on se disait que ce serait encore mieux si on trouvait une nana. Parce que quand tu n'es qu'avec des mecs, tout vire vite au truc de crétin. Tu sors, tu
te pintes la gueule, tu dragues les meufs. J'en avais un peu marre de ça.
Oui, et puis dans un groupe ça fait classe d'avoir une belle nana à la basse.
Nicolas : Ça doit être mon trip Téléphone. J'étais vachement fan de ce groupe quand j'étais môme et ça a dû me marquer. Je ne sais pas si tu as vu des interviews des groupes de hard rock dans les
années 80 mais ça ne volait pas haut. Or quand je voyais Aubert parler je trouvais qu'il avait l'air moins con donc je me disais qu'avoir une meuf dans le groupe ça devait aider en calmant le
taux de testostérone.
Robin : Grâce à Leslie, pareil, on est devenus moins con !
Nicolas : Surtout quand on s'est retrouvé enfin tous les trois j'ai écrit 5-6 morceaux en trois mois.
C'est le fait d'être en groupe ?
Nicolas : Oui, ça stimule l'inspiration. Mais voilà après je suis capable de ne rien foutre pendant 6 mois. Je n'ai pas de jus, rien. Si je trouve un truc, très vite je me dis que c'est de la
merde et je l'envoie au panier. En fait mon problème c'est que quand je trouve un truc, si j'ai déjà l'impression de l'avoir fait, je le jette. Pour notre prochain disque je vais essayer de me
prendre un peu plus la tête sur les constructions.
"on n'appelle pas au boycott de la bière et des clopes"
"une Diva peut tout aussi bien être un homme"
Bonjour Marie Chabanis. Alors dites-moi, quel est l’intérêt de lancer un "féminin musical" ?
C’est lié à l’évolution de l’économie de l’industrie de la musique. Les femmes ne se sentent très mal servie en matière de presse musicale, elles ne comprennent pas, pour elles ça ressemble trop à des catalogues de sorties CD. Or ce sont elles les plus grosses acheteuses de disques et de magazines et il y a de plus en plus d’artistes féminines. Avec d’autres gens on a donc senti un vrai besoin des femmes d’être informée différemment sur la musique.
Vous avez fait un sondage pour vous en assurer ?
Bien sûr, après avoir eu cette idée on a fait faire une étude de marché. Elle nous a d’ailleurs dit que notre lectorat était les 15-35 ans. Perso, j’aurais même poussé à 15-40 car aujourd’hui la femme de 40 ans en a 20. Et puis après les trois mois de travail qu’il nous a fallu pour faire notre premier numéro, on l’a testé auprès d’amis travaillant dans des radios et des maisons de disques et ils me le disaient déjà : "Génial, enfin un média qui va s’intéresser à l’acheteur principal : la femme."
Vous dites que les femmes ne comprennent pas la presse musicale existante, pourtant j’en connais qui lisent volontiers Les Inrocks…
Bien sûr, d’ailleurs j’en suis et je trouve que ça reste une super référence, très pointue, mais justement pour cette raison les lectrices le trouvent particulièrement masculin. Nous on essaie d’être plus populaire, moins élitiste.
Vous n’allez pas tenir de discours critique sur la musique ?
On ne fait pas de critique parce qu’il y a tellement d’artistes à défendre qu’on préfère parler de ceux qu’on aime. Surtout que parfois la critique se trompe. Je me souviens que des magazines musicaux ont sévèrement critiqué des albums a leur sortie alors qu’ensuite ce sont devenus de grands succès, je pense par exemple au Stairway To Heaven de Led Zeppelin. Par contre, et ça je pense que c’est un côté plus féminin, on prend du temps avec les artistes, on passe des journaux entières avec eux, on les habille, on fait notre séances photos, on ne prend jamais les photos des maisons de disques. C’est aussi pour ça qu’on fait un bimestriel, parce que tout ce travail d’image prend du temps. Et c’est très important l’image dans la musique parce qu’avec la mort du CD il y a un retour à la scène et aux codes vestimentaires. L’autre raison c’est que je ne vois pas trop l’intérêt d’être mensuel parce que je ne crois pas trop à l’idée d’actualité en musique. Quand j’achète un album, je ne le jette pas au bout d’un mois.
Mais vous n’avez pas l’impression que vous assimiler la musique à de la mode ?
Vous voulez dire qu’on dévalue la musique ? Dire ça, ce n’est pas gentil pour la mode (rires) !
Ce n’est surtout pas gentil pour la musique.
Je place les deux sur le même plan donc je ne peux pas vraiment à cette question ! Mais non je ne pense pas que cela dévalue la musique. En travaillant au jour le jour avec les artistes et le monde de la musique je vois qu’ils n’attendent que ça de travailler plus avec les gens de la mode. On essaie de trouver le bon équilibre entre mode et musique et ce n’est pas facile parce que c’est deux mondes qui se côtoient depuis toujours mais qui sont pourtant très différents. D’ailleurs en ce moment tout le monde surfe sur cette tendance.
Effectivement. Les Inrocks viennent de sortir un hors série "Les filles du rock" et multiplie les couv "rock et mode". De leur côté les féminins multiplient les articles et les séances photos sur les artistes les plus glamour. Aussi, fait notable, après 7 ans de distribution gratuite dans les lieux branchés de la capitale le magazine Modzik vous a devancé de peu en sortant en kiosque, au même prix que vous d’ailleurs (4 euros). Tous les deux vous êtes clairement sur le même créneau qui consiste à féminiser le landerneau rock l’associant le plus possible à celui de la mode.
Tant mieux si Modzik fait la même chose que nous, parce qu’il existe plusieurs magazines musicaux donc je ne vois pas pourquoi il n’existerait pas plusieurs féminins musicaux. Donc voilà : "Longue vie à Modzik aussi !"
Mais dans tout ça, je veux dire, le "danger" n’est-il pas de considérer la musique et le rock comme un simple argument marketing, le vernis tendance ultime ?
Je ne sais pas, c’est réversible. On peut aussi bien dire que la mode est devenu le vernis tendance du rock. Parce que la musique a beau avoir un côté plus profond, les musiques aussi passent et reviennent, comme la mode. Par exemple on voit bien que le retour du folk passe aussi par un gros côté mode. Je pense donc que l’un sert l’autre. Et c’est pour ça qu’un magazine comme Diva existe. On met la musique et la mode sur le même plan en se disant que l’un va servir l’autre parce qu’on est dans un monde où les gens consomment souvent les deux. Par exemple, dans la rue on sait facilement qui écoute quoi en regardant ses fringues et ça ce n’est pas nouveau, il y a 15 ans moi j’étais Curiste !
Vous dites que vous passez du temps avec les artistes, mais je n’ai pas lu d’articles fleuves dans Diva…
La dure réalité de la maquette nous oblige à couper un peu les articles, mais on essaie d’enlever le superflu pour ne garder que l’essentiel. D’ailleurs chez nous contrairement à ce qui est pratiqué ailleurs, le calibrage des articles est décidé une fois que l’interviews a été faite comme ça on peut réagir en conséquence de ce qu’on a obtenu. Et puis, dernier point, on pourrait nous taxer de faire un magazine musical pipole, mais ce n’est pas du tout le cas parce qu’on parle autant des têtes d’affiches que des débutants. Mais c’est sûr que lorsqu’on rencontre un artiste qui a déjà une longue carrière derrière lui comme Franck Black il a logiquement plus de choses à raconter. Dans ce cas on fait une double page. Franck Black, on aurait pu rester 15 jours à discuter avec lui.
De part son éditorial et sa maquette Diva est assez "girly". Une femme ce n’est pas forcément "girly"…
Diva n’a pas été pensé pour être girly, il a été pensé comme un féminin, c’est-à-dire un mag qui parle de tout ce qui intéresse les femmes et toutes les femmes aiment la mode et la musique. Girly, je ne sais même pas ce que ça veut dire, je n’avais jamais entendu ce terme. Mais après c’est sûr que tous les magazines ont tendance verser dans la caricature de leur lectorat donc c’est une bonne remarque et je ferai attention à ce qu’on ne tombe pas là-dedans.
Finalement derrière tout ça le problème c’est un peu de savoir ce qui est typiquement féminin et ce qui ne l’est pas. Dernièrement le GQ français s’est posé la même question pour les hommes en se présentant comme le masculin qui leur parle sur un autre ton. Vous, vous faites pareil : vous cherchez à parler aux femmes sur un autre ton. A parler à une autre vision de la femme.
Je suis complètement d’accord avec ça : on est des femmes mais on est aussi des hommes. J’ai d’ailleurs pensé Diva comme un magazine qui pourrait aussi intéresser les hommes. Tout le couloir d’info du mag est aussi accessible aux hommes parce que la musique ça parle à tout le monde. Et c’est aussi pour ça qu’on parle de musique.
Qu’en pensent les rockers purs et durs ?
J’ai parlé avec Patrick Eudeline et Franck Black et ils adorent le concept. Ils sont tous contents parce qu’on n’est pas non plus en train d’appeler au boycott de la bière et des clopes pour revendiquer plus de strass, de paillettes et de rouge à lèvres dans le rock ! On dit juste qu’il y a une autre manière de parler de la musique parce que cette industrie a globalement changé, de même que celle de la mode. Les femmes en ont marre de lire des magazines féminins où les articles sont des dossiers de presse remâchés et où ils se ressemblent tous d’un féminin à l’autre.
Via la musique, si je vous suis bien votre idée c’est donc d’apporter un supplément d’âme dans le monde du féminin. C’est ça ?
Si vous voulez ! Moi j’adorerais qu’on apporte de l’esprit dans le monde des magazines féminins et de l’esthétique dans le monde des magazines musicaux. Parce que moi je vois Diva comme la rencontre des Inrocks et de Vogue.
Votre équipe ne comporte aucune plume du sérail de la presse rock…
C’est vrai, la plupart de nos journalistes ne sont pas connus pour être des journalistes musique. Mais il n’y a pas d’école de journaliste musical, c’est l’intérêt qu’on porte à la musique qui fait qu’on est bon ou pas. Par exemple Pierre Mathieu est connu en tant qu’animateur télé mais sa passion première c’est vraiment la musique. D’ailleurs il est assez connu pour son Myspace où il tient un agenda de toutes les soirées et de tous les concerts. Du coup c’est le Tintin de la nuit de Diva (rires) !
A propos de nuit, y aura-t-il des soirées Diva, des compiles Diva, un site Diva ?
Tout ça est en cours. On va faire des choses avec le Social Club. On va tisser des partenariats avec tous les événements qui nous correspondent et on se rend compte qu’il y en a beaucoup parce que voilà toute l’industrie de la musique avait déjà surfé sur cette vague féminine et il ne manquait plus que les médias suivent pour que les choses s’enclenchent. Diva n’en est donc qu’à ses débuts. Petit à petit il fait son nid (rires) !
Au fait, pourquoi ce nom, Diva ? C’est quoi pour vous une Diva ?
C’est une question que je pose beaucoup aux artistes. Par exemple quand j’en ai parlé à Adele elle m’a dit : "Pour s’imposer tout musicien doit être une diva." J’ai beaucoup aimé sa réponse parce que ça veut dire qu’une diva ça peut tout aussi bien être un homme. Nous d’ailleurs on avait fait des essais de covers Tricky. Une diva c’est juste quelqu’un qui a des convictions et qui est parfois obligé de jouer des coudes pour les affirmer. Lorsqu’on va shooter un artiste, il y a beau avoir 5 maquilleurs, 5 coiffeurs et toute l’équipe journalistique dans la pièce, la diva on la reconnaît tout de suite. C’est quelqu’un qui dégage quelque chose en plus. Une diva, c’est ce que j’aimerais être !
Autre exemple : prenez Cockroach Killer, le premier album du trio parisien Talia. Ils font fort niveau pochette. Cette bimbo texane qui écrase à coups de queue de billard un cafard géant, c’est assez répugnant. On n’a pas envie d’écouter et pour cause on a l’impression d’avoir affaire à de vieux hardos dont la plus haute ambition se limite à Playboy + bécane + bonnes bières. Et puis ce titre, Cockroach Killer, franchement c’est le pompon ! Franchement pas des rois du marketing les gus de Talia. Mais voilà je passerai à côté de quelque chose si je m’en étais tenu à ce constat pourri de préjugés. Car leur musique est terrible. Quand on daigne enfin mettre l’album dans le lecteur on s’en prend une putain de bonne décharge hard grunge. On est les rois du pétrole ! En deux secondes (pas la peine de zieuter leur influences sur Myspace) on comprend que Nico (chant, guitare), Leslie (bassiste) et Robin (batterie) ont tellement tripé sur les Guns, Nirvana, les Samshing et Queens of the Stone Age qu’ils en livrent aujourd’hui une resucée bien sentie. D’ailleurs je suis un peu salaud de dire "copie" tant tout cela est digéré, inspiré, jaillissant.
Ces trois-là reviennent aux fondamental guitare-basse-batterie et "Rock’n’roll !" comme ose l’hurler Nico en ouverture de "Shots". Porté par une ferveur rare et une efficacité démente, ce disque offre le sans faute : 9 morceaux qui cognent grassement et 2 ballades poignantes. Car oui, les Talia n’ont pas peur ni de taper dans les solos ni dans les slows. Ils peuvent balancer "Come To Me", un single viscéral et teigneux qui ferait un malheur dans les college radio US puis vous cueillir avec un "Lower" mélancolique dont le saxo tire larmes fait sonnent très eighties sans que vous n’y trouvez rien à dire (vous êtes saisi) et vous relancer dans les cordes juste derrière avec un "Spinster" bouillonnant du sentiment d’invincibilité propre à l’adolescence… alors que vous avez 28 ans. Il y en a beaucoup des disques qui vous font cet effet-là ?
Nicolas Costa en acoustique avec "Spinster" sur RKST.org